Pendant des années, les réseaux sociaux ont été le royaume du parfait. Des photos sans défaut, des vidéos ultra montées, des quotidiens idéalisés. Tout semblait maîtrisé. Trop maîtrisé, même.
Aujourd’hui, cette esthétique commence à lasser. Les codes changent. Les contenus trop parfaits ne font plus rêver comme avant. À l’inverse, les formats plus bruts, plus spontanés, prennent de plus en plus de place. Et ce n’est pas un hasard.
Les gens veulent du vrai
Sur les réseaux sociaux, l’authenticité est devenue une valeur centrale. Les utilisateurs ne cherchent plus forcément à être impressionnés. Ils veulent se sentir proches, compris, connectés.
Selon une étude menée par Stackla[i] (2021), 88 % des consommateurs estiment que l’authenticité est un facteur déterminant lorsqu’ils décident de soutenir ou de suivre une marque. Cette authenticité est souvent associée à des contenus moins parfaits, plus spontanés et plus transparents.
Autrement dit, l’imperfection devient un signal de sincérité.
L’imperfection permet de s’identifier
Personne n’a une vie parfaite. Pourtant, pendant longtemps, les réseaux sociaux ont donné l’illusion du contraire. Cette dissonance a fini par créer un malaise.
Quand un créateur ou une marque montre ses failles, cela change tout. Le public se reconnaît. Il se dit : “Moi aussi”.
C’est là que la magie opère. Les commentaires deviennent plus personnels. Les échanges plus sincères. L’imperfection ouvre la porte à la conversation.
Les contenus spontanés sont perçus comme plus authentiques
La recherche académique confirme également cette tendance. Une étude publiée dans la revue Social Media + Society[i] montre que les formats perçus comme plus spontanés, comme les Stories Instagram, génèrent un sentiment d’authenticité plus élevé que les publications très produites.
Les auteurs expliquent que les contenus moins contrôlés donnent l’impression d’un partage plus honnête, même s’ils sont techniquement imparfaits. Cela renforce la connexion émotionnelle avec l’audience.
Trop de perfection fatigue
Voir des contenus parfaits en continu peut être épuisant. Cela crée de la comparaison. Et souvent, un sentiment de ne jamais être “assez”.
Les contenus imparfaits, eux, font l’effet inverse. Ils apaisent. Ils rappellent que l’erreur fait partie du processus. Et que tout ne doit pas être parfait pour être intéressant.
C’est aussi pour cela qu’ils sont souvent plus engageants. Ils provoquent une émotion réelle, pas juste de l’admiration distante.
Les plateformes aiment ce qui fait réagir
Les algorithmes des réseaux sociaux ne favorisent pas la perfection. Ils favorisent l’engagement. Likes, commentaires, partages et temps de visionnage sont au cœur des algorithmes.
Or, un contenu imparfait suscite plus facilement une réaction. Il étonne. Il touche. Il divise parfois. Mais surtout, il ne laisse pas indifférent.
Comme le souligne Hootsuite[i] dans ses analyses sur les tendances social media, les contenus authentiques et moins produits génèrent souvent de meilleures performances que les formats trop publicitaires.
L’imperfection rend les marques plus humaines
Pour les marques, l’enjeu est encore plus important. Les consommateurs attendent désormais de la transparence. Ils veulent savoir qui se cache derrière le logo.
Montrer les coulisses, les essais ratés, les doutes ou les ajustements rend une marque plus accessible. Plus humaine. Plus crédible.
Cela ne diminue pas la valeur perçue. Au contraire. Cela renforce la confiance.
Publier devient plus simple
Chercher la perfection peut vite devenir un frein. On repousse la publication. On attend le bon moment. Le bon format. Le bon message.
En acceptant une part d’imperfection, on avance plus vite. On teste. On apprend. Et on progresse.
Sur les réseaux sociaux, la régularité compte souvent plus que la qualité parfaite d’un post isolé. L’imperfection aide à tenir ce rythme.
Attention, imparfait ne veut pas dire bâclé
Cela dit, il y a une nuance importante. L’imperfection n’est pas synonyme de négligence. Le fond reste essentiel.
Il s’agit surtout de laisser tomber le contrôle excessif. De montrer le processus, pas uniquement le résultat final. De raconter des histoires vraies, avec honnêteté.
Partager un échec et ce qu’il a appris. Montrer l’envers du décor. Parler de ses doutes. Ce sont souvent ces contenus-là qui marquent le plus.
En conclusion
Si l’imperfection fonctionne mieux que la perfection sur les réseaux sociaux, c’est parce qu’elle crée du lien. Elle rend les contenus plus humains, plus proches, plus mémorables.
Dans un environnement saturé de contenus trop lisses, l’imperfection devient un vrai différenciateur. Et surtout, une respiration.
Finalement, ce ne sont pas les contenus parfaits que l’on retient. Ce sont ceux qui sonnent juste.
[i] https://stackla.com/resources/reports/bridging-the-authenticity-gap/
[i] https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/20563051221086235